Extrait du commentaire sur le film Rashōmon de Kurosawa, sur Wikipédia : « “De la réalité chacun se fait une idée. Dans les discours scientifique et politique, dans les conversations de tous les jours, nous renvoyons en dernière instance au référent suprême : le réel. Mais où est donc ce réel ? Et surtout, existe-t-il réellement ? De toutes les illusions, la plus périlleuse consiste à penser qu’il n’existe qu’une seule réalité. En fait, ce qui existe, ce sont différentes versions de la réalité, dont certaines peuvent être contradictoires, et qui sont toutes l’effet de la communication et non le reflet de vérités objectives et éternelles.” (Paul Watzlawick, La réalité de la réalité, Seuil, Paris, 1976). Au premier niveau physique est la réalité matérielle de faits, gestes et paroles du “crime”. Au deuxième niveau physiologique est la réalité sensorielle des images et sonorités perçues. Au troisième niveau psychique est la réalité imaginaire des significations et valeurs conférées aux éléments de la réalité physique déjà orientée et délimitée par la réalité sensorielle de la perception des sons et lumières. Au quatrième niveau symbolique est la réalité culturelle des croyances d’une religion et des règles de conduite d’une morale qui orientent et délimitent les significations et valeurs possibles conférées aux faits, gestes et paroles de la réalité physique déjà filtrée et sélectionnée par la réalité physiologique des perceptions. Ainsi, une même scène du “crime” se présente en quatre versions différentes après une cascade d’interprétations, de “communications” des différents niveaux de réalité. Ceci pose le problème du témoignage d’une “scène” dans la sélection des témoins et dans la sélection par le témoin choisi des différentes perceptions, significations et valeurs qu’il a éprouvées “réellement”. D’autre part, un même “fait” physique ne devient “événement” psychique que par ses effets et répercussions dans l’esprit des acteurs et spectateurs des gestes et paroles. »